J’ai vu des plages en Grèce, en Croatie, au Monténégro. Et pourtant, c’est en Albanie que j’ai eu le souffle coupé. Pas une fois — plusieurs fois. Parce que ce petit pays des Balkans, que personne ne plaçait sur la carte il y a dix ans, possède un littoral d’une beauté à faire pleurer. Des eaux si turquoise qu’on croirait un filtre Instagram, des criques accessibles uniquement à pied, des villages de pêcheurs où le poisson grillé coûte moins qu’un sandwich à Paris.
En bref : L’Albanie possède plus de 400 km de côtes le long des mers Adriatique et Ionienne. La côte ionienne (sud) offre des eaux turquoise spectaculaires et des criques sauvages, tandis que la côte adriatique (nord) propose des plages de sable longues et familiales. La meilleure période est de juin à septembre, avec un budget plage parmi les plus bas de Méditerranée. En 2026, certaines plages restent encore préservées du tourisme de masse.
Pourquoi les plages albanaises sont-elles spéciales ?
Ce qui rend les plages d’Albanie uniques, c’est d’abord leur diversité. En quelques heures de route, vous passez de longues étendues de sable doré sur l’Adriatique à des criques de galets blancs bordées de falaises vertigineuses sur l’Ionienne. Ajoutez à cela des montagnes qui plongent directement dans la mer, des eaux d’une transparence irréelle et une absence quasi totale de développement bétonnée — vous obtenez un littoral comme l’Europe en produisait il y a quarante ans.
Le prix est l’autre facteur magique. Là où une journée plage en Croatie ou dans les îles grecques vous coûtera facilement 50 à 80 euros par personne, l’Albanie offre la même qualité d’eau et de paysage pour trois fois moins. Un transat à Ksamil ? Cinq euros. Un repas de poisson frais les pieds dans le sable à Himara ? Dix euros. Une chambre avec vue mer ? Trente euros la nuit. C’est presque indécent.
Et puis il y a l’atmosphère. Les plages albanaises n’ont pas encore cette ambiance « usine à touristes » qui gâche tant de destinations méditerranéennes. Ici, vous croiserez des familles albanaises qui pique-niquent avec un thermos de café turc, des pêcheurs qui vendent leur prise du matin directement sur la plage, et des enfants qui jouent jusqu’au coucher du soleil sans surveillance — parce qu’en Albanie, tout le monde veille sur tout le monde.
Côte adriatique vs côte ionienne
Avant de choisir votre plage, il faut comprendre la géographie. L’Albanie a deux façades maritimes très différentes, séparées par le spectaculaire col de Llogara à 1 000 mètres d’altitude.
La côte adriatique s’étend de la frontière monténégrine au nord jusqu’à Vlora au sud. C’est ici que vous trouverez les grandes plages de sable — Velipoja, Shëngjin, Durrës, Divjaka. L’eau est plus calme, moins turquoise, avec des fonds sablonneux parfaits pour les familles avec enfants. Les stations balnéaires sont plus développées (Durrës est la plus grande ville côtière du pays), les prix encore plus bas qu’au sud, et l’ambiance plus « vacances populaires ». Ce n’est pas la carte postale rêvée, mais c’est authentique et chaleureux.
La côte ionienne — la fameuse Riviera albanaise — est celle qui fait la couverture des magazines. De Vlora à Saranda, en passant par Dhermi, Himara, Porto Palermo et Ksamil, ce tronçon de littoral est tout simplement l’un des plus beaux de Méditerranée. Eaux turquoise, falaises calcaires, criques secrètes, villages perchés — tout y est. L’accès est plus compliqué (routes sinueuses, parfois des marches à pied), mais c’est précisément ce qui protège ces plages du surtourisme. Pour en savoir plus, consultez notre guide dédié aux plus belles plages.
Top 10 des plages incontournables
Voici notre sélection des plus belles plages d’Albanie, testées et approuvées. Chacune a son caractère, son ambiance, sa magie.
1. Ksamil — la star absolue
Trois îlots accessibles à la nage, des eaux d’un turquoise irréel, du sable fin (rare en Albanie). Ksamil est la plage la plus photographiée du pays — et à juste titre. Le revers de la médaille : elle est victime de son succès en juillet-août. Venez en juin ou septembre pour en profiter pleinement.
2. Gjipe — la sauvage
Au fond d’un canyon, accessible uniquement à pied (30 minutes de marche) ou en bateau, Gjipe est la plage des aventuriers. Pas de transat, pas de bar, pas de réseau téléphonique — juste la mer, les falaises et le silence. C’est mon coup de cœur personnel.
3. Dhermi — la majestueuse
Deux kilomètres de galets blancs au pied de falaises couvertes d’oliviers. Dhermi combine beauté naturelle et infrastructures de qualité (bars de plage, restaurants, hôtels). Le panorama depuis la route qui descend vers la plage est l’un des plus spectaculaires d’Europe.
4. Drymades — la bohème
Juste au nord de Dhermi, Drymades attire une foule plus jeune et alternative. Bars en bois flotté, musique chill, couchers de soleil mémorables. L’eau est d’un bleu profond et les falaises offrent un décor naturel époustouflant.
5. Porto Palermo — l’historique
Une baie parfaitement ronde dominée par un château vénitien. Porto Palermo ressemble à une toile de peintre. L’eau est calme, profonde et d’un bleu encre. C’est aussi l’un des spots de plongée les plus réputés du pays.
6. Himara — l’authentique
Himara est à la fois une ville et une plage. La vieille ville perchée sur la colline domine une longue plage de galets où les locaux se mêlent aux voyageurs. L’ambiance est décontractée, les tavernes servent un poisson extraordinaire, et le coucher de soleil derrière la forteresse est inoubliable.
7. Borsh — l’immense
Avec ses 7 kilomètres de longueur, Borsh est la plus grande plage d’Albanie. Même en plein août, vous trouverez un coin tranquille. L’eau est turquoise, les montagnes tombent dans la mer et les oliveraies descendent jusqu’au rivage. Un bijou sous-estimé.
8. Pasqyra (Mirror Beach) — la photogénique
Son nom signifie « miroir » — et pour cause. Par temps calme, l’eau est si transparente qu’elle reflète parfaitement les falaises environnantes. Accessible par un petit sentier depuis la route, cette plage mérite un détour.
9. Llamani — la secrète
Cachée entre Saranda et Ksamil, Llamani est une petite crique de galets entourée de falaises. L’accès se fait par un escalier raide — ce qui dissuade les foules. En récompense : une eau d’un turquoise absolu et une tranquillité rare.
10. Palasa — la préservée
Longue plage de galets sous les montagnes Cerauniennes, Palasa est restée remarquablement sauvage. Peu de constructions, pas de musique, pas de transat — juste la Méditerranée comme elle devrait toujours être.
Les plages secrètes (hors des sentiers battus)
Au-delà du top 10, l’Albanie recèle des trésors cachés pour ceux qui prennent le temps de les chercher.
Grama Bay, accessible uniquement en bateau depuis Himara ou la péninsule de Karaburun, est une crique isolée entourée de montagnes. Des inscriptions antiques gravées dans la roche témoignent que les marins grecs et romains s’y abritaient déjà il y a deux millénaires. Pas d’électricité, pas de route, pas de bruit — un voyage dans le temps.
Bunec est un double trésor : une petite plage où une rivière glacée se jette dans la mer chaude. Le contraste de températures est saisissant et la beauté du lieu, avec ses eaux mêlées de bleu et de vert, est presque surréaliste.
Lukova se découvre par un sentier qui part de la route côtière. La descente est rude mais la récompense est à la hauteur : une anse isolée, des eaux cristallines et souvent personne d’autre que quelques chèvres sur les rochers.
Kakome, dans la péninsule de Karaburun, est l’une des baies les plus isolées d’Albanie. Ancien village abandonné, accessible uniquement par bateau, elle offre une plage de galets dans un décor de bout du monde.
Guide pratique 2026 : accès, équipements, budget
Comment s’y rendre
La Riviera albanaise est desservie par la route SH8 qui relie Vlora à Saranda. Depuis Tirana, comptez 4 à 5 heures de route en voiture. La route est spectaculaire mais sinueuse — les conducteurs nerveux s’abstiendront. Des bus réguliers relient Tirana à Saranda avec des arrêts dans les villages côtiers. Depuis la Grèce, un ferry relie Corfou à Saranda en 30 minutes.
Pour les plages de la côte adriatique, Durrës est à seulement 40 minutes de Tirana par autoroute.
Budget 2026
| Poste | Prix moyen |
|---|---|
| Transat + parasol | 5-10 € / jour |
| Déjeuner bord de mer | 8-15 € / personne |
| Hôtel vue mer | 30-60 € / nuit |
| Location voiture | 25-35 € / jour |
| Bus Tirana-Saranda | 10-12 € |
| Ferry Corfou-Saranda | 20-25 € |
| Excursion bateau | 15-30 € / personne |
Équipements
Les plages les plus populaires (Ksamil, Dhermi, Saranda) disposent de transats, parasols, douches et restaurants. Les plages sauvages (Gjipe, Llamani, Grama Bay) n’ont aucun équipement — prévoyez eau, nourriture et crème solaire. Le réseau téléphonique peut être absent dans les criques isolées. Pour planifier au mieux, consultez notre article sur la meilleure période pour visiter l’Albanie.
Tableau comparatif des plages
| Plage | Type | Eau | Accès | Foule | Équipements | Note |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Ksamil | Sable | ★★★★★ | Facile | Haute | Complets | 9/10 |
| Gjipe | Galets | ★★★★★ | Difficile | Faible | Aucun | 9/10 |
| Dhermi | Galets | ★★★★★ | Moyen | Moyenne | Complets | 9/10 |
| Drymades | Galets | ★★★★ | Moyen | Moyenne | Bars | 8/10 |
| Porto Palermo | Galets | ★★★★ | Facile | Faible | Basiques | 8/10 |
| Himara | Galets | ★★★★ | Facile | Moyenne | Complets | 8/10 |
| Borsh | Galets | ★★★★ | Facile | Faible | Basiques | 8/10 |
| Pasqyra | Galets | ★★★★★ | Moyen | Faible | Aucun | 8/10 |
| Llamani | Galets | ★★★★★ | Moyen | Faible | Aucun | 8/10 |
| Palasa | Galets | ★★★★ | Facile | Faible | Basiques | 7/10 |
Quand venir pour profiter des plages
La saison balnéaire en Albanie s’étend de mi-mai à fin septembre, mais toutes les périodes ne se valent pas.
Juin est mon mois préféré. L’eau est déjà à 22-23°C, les plages sont presque désertes, les prix sont bas et la lumière est sublime. C’est le moment idéal pour explorer les criques sauvages sans croiser personne.
Juillet voit l’arrivée des premiers vacanciers. Les températures montent à 30-32°C, l’eau est parfaite (24-25°C) et l’ambiance s’anime. Les bars de plage ouvrent, les restaurants affichent complet le soir et les villages côtiers prennent vie.
Août est le mois le plus chaud et le plus fréquenté. La diaspora albanaise revient au pays, les Kosovars descendent en masse vers la côte, et les plages populaires sont bondées. Si vous venez en août, privilégiez les criques secrètes et réservez votre hébergement à l’avance.
Septembre est le secret le mieux gardé. Les foules repartent, l’eau est encore à 23-24°C (elle a accumulé la chaleur de l’été), les prix baissent et la lumière rasante de l’automne donne aux paysages une beauté dorée incomparable.
L’Albanie balnéaire est encore un secret en train de se dévoiler. Les plages sont là, intactes, spectaculaires, accessibles. Mais pour combien de temps ? Les projets de développement touristique se multiplient, les routes s’améliorent, les hôtels poussent. Si vous voulez voir la Riviera albanaise dans sa splendeur brute, c’est maintenant qu’il faut venir — pas dans cinq ans.


